KrISS feed 8.7 - A simple and smart (or stupid) feed reader. By Tontof
  • Monday 20 August 2018 - 02:59

    En 2016, pour les 30 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, et 5 ans après l'accident de Fukushima, j'avais mis de côté ces deux documentaires parmi ceux diffusés à l'époque.


    La bataille de Tchernobyl

    Cet excellent documentaire de 2006 contient de nombreuses images d'archives et de nombreux témoignages de personnes impliquées.

    • Origine de la catastrophe : enchaînement d'erreurs humaines dans un test de la redondance électrique ;

    • La structure du pouvoir en URSS et la nouveauté du problème (la délégation scientifique dépêchée sur place fût incapable de se prononcer pendant les 2 premiers jours de ses travaux) font que les autorités soviétiques sont informées par… la Suède, qui, le 28 avril, détecte dans son air des particules radioactives. Auparavant, Gorbatchev lui-même n'est informé que d'un incendie sans explosion… ;

    • Chronologie :

      • 26 avril 1986, 1h23 : explosion ;

      • Le 26 avril, 27 pompiers tentent d'éteindre ce qu'ils pensent être un incendie ;

      • Le 27 avril à 14h, la ville de Pripiat située à 3 km est évacuée avec 1200 autobus ; Un mélange de sable et de Bore est largué par avion dans le réacteur afin d'éteindre le cratère ;

      • 1er mai : dans un rayon de 30 km, la forêt brunit… Le même jour, les manifestations de la fête du travail sont maintenues afin d'éviter la panique ;

      • 5 mai : la dalle sous le réacteur se fissure, le magma risque d'entrer en contact avec l'eau déversée par les pompiers, ce qui provoquerait une explosion… Un bataillon de pompiers mourra en purgeant l'eau… Dans le même temps, des hélicos déversent du plomb dans le cratère afin qu'il cesse définitivement de recracher des particules radioactives, tant pis pour la dangerosité du plomb inhalé par les organismes humains…

      • 11 mai : un accès à la salle du réacteur via les corridors techniques permet de se rendre compte qu'il faut renforcer la dalle sous le réacteur afin que le magma n'atteigne pas l'eau de la nappe phréatique, l'une des plus interconnectées avec des mers et des fleuves… ;

      • 12 mai : des mineurs de la région de Moscou et des pays voisins (Biélorussie) sont réquisitionnés pour aménager un accès sous-terrain permettant d'installer un dispositif de refroidissement par azote liquide. Aucun des 2500 mineurs s'en sortira indemne… mais le refroidissement ne sera jamais installé… ;

      • Dans le même temps, 500 000 soldats réservistes, nommés liquidateurs, sont chargés de coller la poussière au sol en procédant à des largages aérien de produits coagulants, puis de nettoyer la couche de poussière sur les sols et les habitants (si ce n'est pas possible, les bâtiments sont détruits), puis de tuer tous les animaux, puis de racler la terre à proximité de la centrale. Le tout est enterré dans de grandes fosses ;

      • Août : utilisation de robots pour récupérer les débris de l'explosion ;

      • Septembre : des morceaux de graphites hautement radioactifs (les robots cessent de fonctionner à leur contact !) présents sur les toits de la centrale empêchent la mise en place du sarcophage. Des hommes seront réquisitionnés pour dégager ces déchets… ;

      • Octobre-décembre : la construction du sarcophage est terminée ;
    • Bilan : 27 pompiers sacrifiés, 600 pilotes sacrifiés, 500 000 réservistes exposés (malades ou mort), 2500 mineurs malades ou mort, 130 000 personnes exilées, 200 000 personnes rendues invalides, 8 millions de personnes vivant sur des terres irradiées, des malformations à gogo sur la descendance… Ces chiffres sont flexibles, car le taux de contamination a changé plusieurs fois afin de minimiser l'impact de la catastrophe et qu'aucune étude n'a été conduite durant 20 ans… ;

    • Cette catastrophe et la chute du cours du pétrole expliquent, en partie, la chute du bloc soviétique ;

    • Tchernobyl rend concret le processus de désarmement nucléaire quand on se rend compte que le plus puissant missile russe peut disperser autant de particules radioactives que 100 catastrophes de Tchernobyl… ;

    • L'iode provoque un goût métallique persistant. Les robots et les appareils photos cessent de fonctionner. La radioactivité génère des flashes blancs sur les photos ;

    • Point négatif : ce documentaire cautionne le mythe du nuage radioactif arrêté aux frontières de la France. Les autorités françaises n'ont jamais déclaré ça et leur communiqué annonçant la détection de particules dans l'air a mis 2 jours à se diffuser compte-tenu de la fête du 1er mai…


    Tchernobyl, 30 ans après

    Ce deuxième documentaire, datant de 2016, est moins précis, plus désorganisé (on passe du passé au présent pour revenir au passé, de l'URSS à l'Allemagne, etc.), militant pour la fin du nucléaire, et il se répète beaucoup (les images d'archives sont toujours les mêmes, même quand ça ne correspond pas à la voix off…).

    • Lors du démantèlement d'une centrale nucléaire, on utilise de l'acide phosphorique pour détacher les particules radioactives des supports contaminés. Le liquide acide devient contaminé, on le conserve séparément. Comme je le supposais : on n'élimine pas la radioactivité, on la déplace… ;

    • L'ancienne mine de sel d'Asse (Allemagne) a été utilisé pour enfouir des déchets nucléaires. Problème : l'exploitation passée de la mine a fragilisé le sous-sol. De l'eau s'infiltre dans les galeries et des éléments radioactifs y sont relâchés… Il faut donc extraire les fûts radioactifs emmurés puis les stocker ailleurs… ;

    • Le sarcophage construit en 1986 sur la centrale de Tchernobyl s'est usé plus vite que prévu : pluie, neige (donc risque de contamination de la nappe phréatique par infiltration), radioactivité… Un nouveau sarcophage a été construit et installé de 2012 à 2016. Il a été cofinancé par les pays du G7. 1,5 milliards d'euros. Il a encore fallut nettoyer le sol avant intervention… Évidemment, ça ne corrige pas le problème : il faut toujours récupérer le combustible et le stocker de manière sécurisée… ;

    • En 1986, les exilés nucléaires étaient rejetés par le reste de la population, ajoutant une misère sociale à la misère économique de personnes qui avaient perdu toutes leurs possessions… ;

    • Temps de démantèlement d'une centrale : échec allemand en 25 ans pour démanteler Lubmin ;

    • Aujourd'hui, il y a 440 centrales nucléaires en activité dans le monde.
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